Travail de vocabulaire sur l’article du Point de ce jour : Arctique : la France à l’assaut du Grand Nord.

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Ce jeudi 10 juillet, le Sénat présentait en la personne d’André Gattolin, sénateur écologiste des Hauts-de-Seine, un rapport d’information consacré aux préoccupations européennes et françaises liées à l’Arctique. En effet, depuis une dizaine d’années, le réchauffement climatique, dont l’Arctique est la première victime, faire l’objet dune attention toute particulière. 

Non seulement car la région mérite d’être protégée, mais aussi parce que la fonte de la banquise libère des glaces la mer et le sol des régions de l’Europe, de la Russie et du continent américain. Un phénomène qui va permettre l’accès à des hydrocarbures, des minerais (uranium, diamants, or, ou encore terres rares), de nouvelles zones de pêche, et qui fait ressurgir le vieux fantasme d’une troisième grande route maritime passant par le nord. Bien que ces richesses et leur exploitation soient encore très difficiles à évaluer, les spéculations vont bon train et confèrent à l’Arctique des allures (look like) de Far West du XXIe siècle. 

Ainsi, les grandes puissances (États-Unis, Canada, Russie), les acteurs régionaux (Groenland) et les pays asiatiques (Chine, Inde, Corée du Sud, Singapour, Japon) élaborent depuis déjà plusieurs années des stratégies pour l’Arctique. Deux acteurs, pourtant, n’ont pas encore élaboré de ligne formelle pour le Grand Nord : l’Union européenne et la France. Face à un enjeu économique d’une telle importance, il incombe pourtant à la France de tirer son épingle du jeu.

Un territoire au coeur de la géopolitique énergétique

Il faut dire qu‘il n’est pas aisé pour notre pays de légitimer sa position face aux États concernés par les transformations de l’Arctique. En effet, le Conseil de l’Arctique compte huit membres parmi lesquels la Russie, qui possède la moitié des terres et les plus longues côtes en Arctique ; le Canada, président du Conseil depuis le 15 mai 2013 pour deux ans et dont 40 % du territoire est situé au delà du cercle polaire ; les États-Unis, qui, par l’intermédiaire de l’Alaska, disposent d’intérêts substantiels dans la zone et prendront la présidence du Conseil à la suite du Canada en 2015 ; sans oublier la Norvège, la Finlande, la Suède, l’Islande et le Danemark, historiquement et culturellement tournés vers le Grand Nord. 

De son côté, le Groenland, grand comme quatre fois la France et recouvert (pour le moment) à 95 % de glace, souffre de graves inégalités économiques, malgré son statut de communauté autonome au sein du royaume du Danemark. Le taux de suicide y est un des plus élevés du monde, et sa jeunesse éduquée, qui profite des programmes européens d’échange Erasmus, part étudier à Copenhague ou ailleurs et ne revient pas. En tant que micro-société, le Groenland craint donc de ne pouvoir défendre ses intérêts face aux grands acteurs de la géopolitique énergétique, et de connaître une “africanisation” de son territoire : entre les mains de puissances étrangères ou de groupes privés, sans bénéfice réel pour sa population et au détriment de son environnement et de ses traditions.

Les pays asiatiques, quant à eux, montrent un intérêt croissant pour l’Arctique, que ce soit pour en exploiter les richesses ou pour emprunter les nouvelles routes commerciales vers les grands marchés occidentaux. La Chine, par exemple, qui réalise 95 % de son export par les voies maritimes, a tout intérêt à voir s’ouvrir des passages du nord-est au nord-ouest pour réduire son temps et ses coûts de transport.

La France veut peser sur l’opinion publique mondiale 

Il aura fallu attendre le 13 mars 2009 pour que la France se dote d’un ambassadeur pour les négociations internationales relatives aux pôles Arctique et Antarctique, en la personne de l’ancien Premier ministre Michel Rocard, et se lance dans la construction d’une véritable stratégie. Le pays bénéficie d’une bonne réputation en Arctique, où il est considéré comme un partenaire apprécié dans le secteur de la recherche. Les entreprises françaises sont également présentes depuis plusieurs années dans la région, à l’instar de Total (deuxième entreprise de Norvège derrière Statoil, présente depuis trente ans dans l’exploitation du gaz du pays), GDF Suez et Areva. 

Par ailleurs, on peut supposer que les besoins immenses en infrastructures, bâtiments, routes, nécessaires à l’expansion économique de l’Arctique, ne manqueront pas d‘attirer de grands groupes tels que Vinci ou Bouygues. La France est aussi le seul pays à avoir en permanence une représentation diplomatique au Groenland. Paradoxalement, c’est aussi le seul pays à ne pas posséder de navire brise-glace, un handicap certain dans la course au Grand Nord. 

Afin de se positionner enfin sur le sujet, la diplomatie française s’est lancée dans l’établissement d’une feuille de route nationale pour l’Arctique, qui devrait être bientôt publiée. Le pays se donne la responsabilité de la préservation de l’environnement polaire, une position que le pays pourra asseoir (establish) lors de la prochaine Conférence sur le climat, qu’elle accueille sur son territoire en octobre 2015. Les négociations sur le climat étant extrêmement laborieuses et débouchant (to lead to) souvent sur un faible résultat, il faudra faire preuve de fermeté pour peser sur les opinions publiques mondiales.

 


 

 

 

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